La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)

La Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP)

Les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) regroupent des professionnels de santé de différentes disciplines dont les compétences sont indispensables pour prendre une décision accordant aux patients la meilleure prise en charge en fonction de l’état de la science du moment.

En oncologie, la RCP s’impose pour la prise de décision concernant tous malades et se déroule dans un établissement de santé, un groupement d’établissements de santé, un réseau de cancérologie ou dans le cadre des Centres de Coordination en Cancérologie (3C). En cas de situation clinique faisant l’objet d’une prise en charge standard de validité incontestable, celle-ci peut être mise en route sans attendre une réunion de concertation, mais le dossier devra être ultérieurement présenté pour être entériné et cette prise en charge enregistrée et archivée.

De plus, pour être jugée valable, une RCP à visée diagnostique ou thérapeutique doit se faire en présence d’au moins 3 médecins de spécialités différentes permettant d’avoir un avis pertinent sur toutes les procédures envisagées. Dans le cas contraire, le dossier doit être représenté avec le spécialiste manquant dans les plus brefs délais. La présence du médecin traitant du patient est sollicitée, mais n’est pas obligatoire.

Au cours des RCP, les dossiers des patients sont discutés de façon collégiale. La décision prise est tracée, puis est soumise et expliquée au patient.

Organisation de la RCP

Les RCP sont organisées selon les principes suivants :

1. Organisation de la RCP

L’organisation de la RCP doit être formalisée avec un rythme clairement établi adapté à la spécialité et à l’activité (mais doit être d’au moins 2 fois par mois en oncologie) et doit comprendre :

  • un coordonnateur. Son rôle est d’établir la liste des patients dont le dossier doit être analysé à la prochaine réunion, d’en avertir les professionnels membres « permanents » de la RCP ainsi que le médecin référent des patients, et de convoquer le cas échéant des représentants de disciplines utiles pour les discussions envisagées ;
  • un secrétariat;
  • la traçabilité systématique de toutes les décisions, dont au moins un exemplaire doit être placé dans le dossier du malade (papier ou électronique) ;
  • l’indication des références scientifiques utilisées ou de l’essai thérapeutique qui serait proposé au patient ;
  • le nom du médecin/professionnel référent qui doit assurer le suivi de la décision (explication au patient et organisation de la prise en charge).

2. Analyse des dossiers de patients

Au cours de la RCP, le dossier de chaque patient est présenté à tour de rôle et la prise en charge est définie collectivement sur la base des référentiels retenus. Sur cette base, un avis de la RCP est rédigé.

La RCP doit procéder régulièrement à l’évaluation :

  • de la pertinence des classements entre simple présentation et demande de discussion ;
  • de l’adéquation des décisions avec les recommandations ;
  • de la concordance entre la proposition thérapeutique de la RCP et le traitement effectivement délivré.

L’appropriation des recommandations ou des référentiels utilisés lors de la RCP peut faire l’objet d’une action de formation spécifique.

3. Avis de la RCP

L’avis de la RCP comporte la date, la proposition thérapeutique ainsi que les noms et qualifications des participants.
Il est intégré dans le dossier du patient. Si le traitement effectivement délivré diffère de la proposition de la RCP, les raisons doivent être argumentées par le médecin référent et inscrites dans le dossier du patient. Un recueil permettant de noter à chaque réunion le nom des participants, celui des patients dont les dossiers sont évalués, et la décision prise, est tenu à jour par le secrétariat.

(Texte de la Haute Autorité de Santé)